Nommer les choses pour les faire exister

Par Hélène P.

Donner un nom.
Même si ce n’est pas le « bon » mot.
Juste prendre le temps de nommer.

Nommer, c’est prendre un temps. Le temps de regarder.
Nommer, c’est ranger ce qu’on voit quelque part dans soi, dans ses souvenirs.
Nommer, c’est organiser sa pensée. C’est comparer, pour ensuite reconnaître.
Regarder la couleur, les caractéristiques de ce que l’on voit, ce qu’on ressent, ce à quoi ça nous fait penser.
Nommer, c’est faire exister.

Cette fleur est jaune. Je la vois très souvent. Elle se mange.
(C’est un pissenlit.)
On l’appellera le soleil mangeable.
Un soleil de fleur.

Nommer, c’est commencer à s’intéresser aux liens, aux interactions.
Cette fleur s’appelle « le soleil mangeable », je peux la manger.
Mais en même temps que je la regarde, je remarque les abeilles qui la butinent.
Et en même temps, je me demande pourquoi. 

Nommer, c’est s’intéresser. C’est prendre conscience que nous faisons partie du monde.
C’est être attentif aux interactions là où on vit (c’est peut être ça, une des définitions les plus simples de l’écologie ?).

Reconnaître les fleurs, les oiseaux, les étoiles n’est plus indispensable pour vivre. Nous n’avons plus besoin de reconnaitre les fleurs, car nous n’avons plus besoin d’elle de façon directe pour survivre (les médicaments et la chimie existent, les grandes surfaces aussi). Du côté des oiseaux, les internets et autres moyens de communication ont remplacé les pigeons voyageurs pour communiquer avec des gens. Côté du ciel, les satellites ont remplacé les étoiles pour guider bergers et marins. Alors à quoi bon reconnaitre et nommer ?

« La vraie motivation (de nommer les étoiles) est ailleurs. Elle est de l’ordre du plaisir. Le plaisir de transformer un monde inconnu et indifférent en un monde merveilleux et familier. Il s’agit « d’apprivoiser le ciel, pour l’habiter et s’y sentir chez soi. ».

Hubert Reeves

Continuons alors d’apprivoiser le dehors, la pelouse devant le pied d’immeuble, l’arbre, le ciel.
On s’y sentira bien. Comme chez nous.
On sera peut être moins égocentrés sur nous, les humains.
Continuer à vivre ensemble, demain.

Hélène

< Retour


Publié

dans

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X